Régis Lemonn : L’équipe
ivoirienne actuelle s’est formée lors du conflit de 2002. À ce moment-là, des joueurs comme Didier
Drogba ont pris la parole et ont demandé aux différents partis de déposer les armes. Ce qui a eu une
réelle incidence sur les événements. Le football est roi en Côte d’Ivoire et cette équipe,
qui appartient à tous les Ivoiriens, est la fierté du pays grâce à des joueurs comme
Didier Drogba - premier Ivoirien à être désigné Ballon d’or africain - et
Yaya Touré - premier Ivoirien à remporter la Ligue des champions avec le FC Barcelone (2009). Mais ce sont les valeurs de ce sport – respect de l’autre, respect des règles – qui sont mises
en avant dans cette campagne qui a débuté lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en janvier dans
les rues d’Abidjan, à la télévision, à la radio et sur Internet.
Pourquoi
cette équipe des Éléphants a un tel impact sur la population ?
R.L : Le
groupe est composé de joueurs qui viennent du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest du pays. C’est
un véritable exemple de cohabitation. Chacun peut se reconnaître à travers eux, à un moment où
les gens se déchirent pour des querelles politiques. Les problèmes de friction qui peuvent exister pendant et
après les élections sont largement dus au manque d’éducation de la population. À travers
notre action, nous voulons que les gens s’inspirent des valeurs de "fair-play" du football et de cette équipe.
Nous voulons à tout prix éviter que ces élections se déroulent dans un contexte apaisé
et ainsi éviter le chaos.